Pour plus de facilite, vous pouvez etre tenus au courant par email des mises a jour du blog en souscrivant a notre newsletter ci-dessous! Cela vous evitera alors de devoir venir régulièrement sur le blog checker si on a mis des news...

Entrez ici votre adresse email :

lundi 4 mai 2009

La gestion pas évidente de la biodiversité australienne : Le projet Eden

P1100532[C] La faune et la flore australienne sont tout a fait particulières, tout le monde le sait et être ici sur place vous y rend particulièrement sensible. Je revois encore Tiboz a Cairns, fraichement débarqué sur le territoire australien, qui ne comprenait pas pourquoi une personne qu’il avait connu a Londres et ici depuis 7 mois s’ébahissait sur des échassiers rares dans la région. 10 contre un qu’on serait aujourd’hui les premiers a sortir nos appareils photos et jumelles :-). Ici, la vie sauvage est partout et il est impossible d’y échapper, elle vient a vous que vous le vouliez ou non (surtout sur la route – Véro vient a l’instant de se prendre un oiseau !), et s’y intéresser ne rend pas “hippie” comme on a parfois tendance a le considérer dans nos pays Européens surpeuplés et bétonnés. Si les premiers colons y voyaient plus une menace qu’une opportunité, les australiens sont aujourd’hui conscients de ce que cette biodiversité particulière peut leur apporter tant au plan touristique qu’au point de vue du maintien de leurs ressources naturelles. Petit post inhabituel donc pour illustrer une des plus importantes problématiques locales.

On l’avait déjà mentionne je crois, mais en arrivant en Australie, les premiers colons ont voulu “modeler” le territoire a l’image de leur chère Angleterre. Ils ont donc ramené des chats domestiques, des hermines mais aussi des renards pour pouvoir chasser le dimanche et un petit malin a même apporte deux lapins, pour s’entrainer avant les renards… 100 ans après, les lapins, dont les facultés reproductrices sont largement reconnues, avaient conquis le pays et stérilisé une grande partie du pays. Pire encore, puisqu’ils empiétaient sur le terrain du bétail, les fermiers ont voulu contrer la perte de rendement en augmentant leur nombre de tête. Ce qui n’a évidemment eu pour effet que de dégrader encore plus un environnement fragile déjà bien mis a mal. Le problème des lapins, c’est qu’a part les dingos et les grands rapaces (et les crocodiles dans le nord et les diables de Tasmanie, mais bon…), il n’y a pas de grand carnivore en Australie ! Dans ces circonstances, on pourrait penser que l’introduction des renards et le retour a la vie sauvage des chats et hermines ait été bénéfique… Mais en fait, pas du tout car ceux-ci s’en sont pris aux pauvres petits marsupiaux, pas du tout adaptés a être chassés en permanence. Plusieurs dizaines de mammifères ont donc déjà disparu du territoire et l’éradication continue…

P1100429
Cliquez pour l’image en grand
P1100536
Un bilby (empaille), autrefois menacé et aujourd’hui prospère
P1100431
Cliquez pour l’image en grand

Dans les années 1990, la péninsule de Peron était un désastre écologique, ravagée par une agriculture débridée et les espèces ferales (retournées a l’état sauvage). En 1995, les pouvoirs publiques décident donc de lancer le plus ambitieux programme de régénération de l’écosystème, le Projet Eden. Le programme consiste, d’uneP1100425 part, a éradiquer les lapins grâce a la myxomatose a laquelle ils sont les seuls sensibles (mais dont l’application sur d’autres territoires n’a eu pour effet que de sélectionner une population de lapin résistante, bien joué les gars…) et éradiquer les prédateurs par des appâts fourrés au poison local auquel les espèces indigènes sont résistantes. D’autre part, il s’agissait de réintroduire petit a petit les espèces endémiques, élevées en captivité ou empruntées a d’autres régions d’Australie. Mais pour espérer réussir, il a surtout été nécessaire d’isoler la péninsule et c’est la que ca devenait vraiment compliqué, avec des chats qui grimpent aux grillages, des renards qui nagent dans la mer et des lapins qui creusent des trous ! Par chance, la péninsule possède un isthme étroit et a donc pu être isolée du reste du territoire a l’aide d’une barrière électrifiée de 3 km de long. Les résultats jusqu’a présent semblent bons pour certaines espèces réintroduites comme le Bilby mais les chats restent un gros problème pour d’autres…Quoi qu’il en soit, quelle impressionnante mise en place pour réparer nos erreurs !

C’est fou de se rendre compte a quel point les européens ont eu un impact sur ce continent-ci, isolé et préservé au cours de millions d’années d’évolution. Les chameaux qui dévorent l’outback, les cochons sauvages qui détruisent les zones humides, les chèvres ferales, les abeilles qui volent le pollen aux abeilles indigènes (sic !), les fourmis “électriques” du Queensland et les crapauds empoisonnés du sucre de cane ne sont que quelques exemples parmi d’autres de notre inconscience... Même en Nouvelle-Zélande, les colons ont réussi a ramener des possums australiens qui ont ravagé a jamais une faune d’oiseaux d’une richesse exceptionnelle en dévorant les œufs. Que sera l’Australie dans 100 ans ? Personne ne peut le dire…

dimanche 3 mai 2009

Pas facile de dormir n’importe ou dans le Western Australia !

[C&V] Rentres de notre petite ballade en 4x4 chez François Peron après que le soleil soit (encore une fois) tombe dans la mer, nous nous sommes arrêtés a Denham, seule “ville” de la péninsule pour ranger la voiture, regonfler les pneus et prendre une douche avant de rejoindre Thib et Leslie sur une aire de repos 30km plus loin. Malheureusement, notre batterie a lâché alors qu’on l’utilisait pour regonfler nos pneus, grrrrr… Comme nous n’avions évidemment pas de réseau (conseil : ne surtout pas prendre Vodaphone !) et que, dans ces bleds, trouver âme a jeun et/ou qui vive après 20h30 pour nous dépanner était impossible, on a été contraints de dormir sur le parking du port ou il était écrit en grand NO CAMPING, hyper mal gares et avec les essuies et maillots qui séchaient devant. Pas super discret quoi… [C] j’ai bien essaye de faire signe pour que des gens s’arrêtent mais, même si les australiens sont indéniablement très polis et répondaient d’un grand geste a mes appels, pas un un s’est arrêté…! [V] Bref, a 5h30, ce qui devait arriver arriva, et un gentil ranger nous a délicatement colle un PV sous notre pare-brise, nous réveillant au passage…Je suis vite allée voir ce qu’il en était et, surtout, le montant… Heureusement, encore une fois, on a eu de la chance dans notre malheur. On a en effet réussi a tomber sur le ranger dyslexique (ou mal réveillé ?) du coin, qui a mis le PV a une Toyota Cruiser immatriculée 1CLU536 ! Ah ben non monsieur, nous c’est une Toyota 4Runner 1CUL536, désolés ;-) Bref après s’être fait jumpstarte 2h plus tard par un couple de quinquagénaires hollandais en 4x4 a pop-top visitant l’Australie pour 6 mois, on a vite été rejoindre nos deux autres belges pour continuer vers le nord et les requins-baleines !

hjh6

La Gascoyne River asséchée de Carnarvon. En crue 6 semaines avant, difficile a croire !

P1100663[C] En montant, on a fait un petit saut d’1/2 journée et une nuit a Carnarvon, le “jardin potager” du Western Australia. La cote ouest de l’Australie est en fait extrêmement pauvre en rivières. D’ailleurs, depuis que nous avons quitte Perth, les paysages sont particulièrement pauvres et monotones : des buissons, du sable, des herbes sèches et c’est tout. Même les eucalyptus, pourtant adaptes a tous les climats d’Australie, ne semblent pas trouver matière a P1100688s’installer. Bref, quand il y a une rivière, c’est la fête et Carnarvon contient du coup un nombre impressionnant de plantations. Chose sympa, on peut aller directement chez le producteur acheter ses fruits et légumes, disposés dans une aubette avec une boite pour payer soi-même si le fermier n’est pas la. Les australiens sont vraiment honnêtes, c'est fabuleux et ca rend les choses tellement plus simples ! Bref, nous qui n’avions plus acheté de vitamines depuis Perth, on s’est fait plaisir !

Le soir même, nouvelle petite histoire. Apres un souper dans un parc du centre, on se retrouve tous les deux a 50 mètres d’une table de 6-7 français en train de faire des jeux a boire. Evidemment, ca fait du bruit et en Australie, les parcs comme celui-ci sont souvent alcool-free (ce qui ne veut pas dire qu’il y a des fontaines d’alcool, ou que c’est gratuit, attention…). Bref, après 2h, la police arrive et les dégage violemment en leur expliquant bien qu’il n’y a pas d’aire de repos gratuite a moins de 50 km de Carnarvon et que la police patrouille pour empêcher les backpackers (nombreux ici a cause du fruit picking) de dormir n’importe ou. Nous, on reste la tranquillement en se demandant quand même ou on va pouvoir dormir. Mais avec notre discret Wheely et notre plaque du WA on se dit “pas de problème dans une rue résidentielle”. Comme a l’habitude, on fait le lit, Véro monte dedans et moi je conduis pour trouver une place. Au moment ou l’on quitte le parc, on croise une nouvelle patrouille de police qui venait sans doute voir si les français étaient bien partis. Moi, je rentre dans une petite rue sombre et la, je vois la voiture de police qui commence a me suivre… 150m plus loin, gyrophares, appels de phare et contrôle+alcootest (jamais eu un en Belgique et la, c’est déjà le deuxième) pour ma pomme ! Même si je n’avais rien bu, avec les permis de conduire caches sous le lit sur lequel était allongée Véro et toutes les affaires sur le siège passager, on était mal barres… Et bien je ne sais pas ce qu’il s’est passe, si Véro s’est P1110617bien cachée ou s’ils n’ont pas entendu mon oui étranglé a la question y a-t’il quelqu’un d’autre dans la voiture ? mais il n’ont rien vu et m’ont laisse repartir a l’aise. Finalement, complètement grilles pour dormir en rue, on est allés s’installer derrière une grosse pompe a essence, après avoir demande son accord au gérant. Et on a passe une bonne nuit…

Pour finir la série, le lendemain, en arrivant a Coral Bay, on s’est rendu compte qu’il y avait des panneaux “no camping” un peu partout et on s’est résignés a prendre un emplacement de camping avec Thib et Les. Et le lendemain encore, alors qu’on comptait déjà quitter Coral Bay, on s’est prestement fait éjecte d’un petit parking apparemment public sur lequel nous dinions simplement en nous indiquant bien qu’il n’y avait aucune aire de repos gratuite dans le coin... On est quand même allés dormir sur une piste de terre dans le bush, a 200m de la route principale et je crois que c’est ce qu’il va falloir faire plus souvent dans ce coin d’Australie… Trop de voyageurs au km2 on dirait !

Shark Bay Marine Park

P1100405[V] Apres une petite halte a Geraldton, dernière grosse ville avant Broome (a 1500 km), pour un dernier grand ravitaillement, les mises a jour de blog, changement des plaquettes de frein, revente pour une misère de notre pneu trop grand, visite d’une énorme coopérative de homard, et encore ravitaillement aux reduced” du Coles (une des deux grandes chaines de supermarchés qui, 1/2h avant la fermeture, fait parfois des super réductions sur les produits périssables – 900g de haché a 3,5$, un pain a 99 cents ou un poulet rôti a 3$, les backpackers disent merci !) nous nous sommes diriges vers Shark Bay, la Baie des Requins (ouh lala…) situe a quelques 340 km au nord.

La péninsule de Peron est plutôt connue pour son parc marin, nomme Shark Bay Marine Park, que pour son parc national (François Peron NP). En effet, de nombreuses espèces marines y ont élu domicile, comme le dauphin souffleur (le vrai “Flipper”), le dugong, la raie Manta ou bien évidemment les requins (tigres, de préférence). Comme nous étions en manque de snorkeling depuis un bon bout de temps et que nous voulions aussi rentabiliser nos combis achetées a Sydney, c’était bien entendu la destination idéale !

P1100396 A l’entrée de la péninsule, petite première halte pour les stromatolithes de l’Hamelin Pool ! Moi qui n’ait aucune connaissance scientifique, Cris s’est réjouit de m’expliquer ce que c’était. A mon tour donc de vous l’expliquer. hum hum… Les stromatolithes sont des formations sédimentaires formées par des bactéries identiques aux premières bactéries retrouvées sur la terre. Celles-ci ont permis d’augmenter la quantité d’oxygène de 20% sur la terre ce qui a permis a une vie plus complexe de se développer. La plupart de ces colonies ont aujourd’hui disparu mais ici, protégées dans un environnement inhospitaliers aux autres espèces (en l’occurrence, ici, une eau chaude et deux fois plus salée que la mer), elles ont pu survivre. Il n’y a que deux endroits au monde ou elles existent encore vivantes ! Bref, comme dit Cris, ce n’était pas vraiment spectaculaire mais on a quand même vu grand-grand-grand-…..-papy !

P1100427
120 km comme ca !
P1100424
Des coquillages a n’en plus finir
P1100386
La carrière de blocs de coquillage. Vous remarquerez, en avant plan, que même l’appareil photo n’échappe pas aux mouches !

Nous nous sommes ensuite arrêtés a Shell Beach, plage qui de loin n’a rien d’extraordinaire, mis a part la couleur turquoise de l’eau… mais en se rapprochant, on découvre que cette belle plage blanche est en fait formée exclusivement de millions de mini-coquillages blancs. De nouveau, l’environnement trop sale permet a ces coquillages de proliférer en toute tranquillité ! Accompagnes de quelques dizaines de mouches australiennes, toujours aussi chi…, on a pu admirer cette merveille de la nature ! A l’époque, manquant de pierre et de bois, les premiers habitants on même utilise des blocs de coquillages pour construire des bâtiments. C’est sur cette plage que commence le projet Eden, dont Cris parle dans le message suivant. Ce projet permet la réhabilitation de certains animaux presque disparus grâce a une grande barrière de protection électrifiée plantée au bord de la plage.

P1100510 Le lendemain matin, nous nous sommes réveillés a l’aube pour nous rendre a Monkey Mia, pour aller nourrir les dauphins. Nous avions déjà eu la chance de faire la même chose sur la cote Est mais nous voulions renouveler l’expérience avec une autre espèce, les dauphins souffleurs. Malheureusement, ce n’était pas aussi bien et beaucoup plus touristique : 10$/pers uniquement pourP1100485 pouvoir accéder au parking du village-resort, un encadrement strict des dauphins par des gens du resort (nécessaire mais frustrant), ajouter a cela des dizaines de touristes se bousculant pour être aux premières loges et espérant être choisis au sort (15/200 touristes…) pour donner un poisson a un des jolis dauphins. Par chance, nous avions eu un bon “plan backpacker” pour éviter de payer le parking et Cris a même été choisi pour en nourrir un !

L’après-midi, après avoir réaménagé Wheely en mode familial, nous nous sommes rendus au François Peron NP avec Thib et Leslie pour une session 4x4. Nous nous sommes promenés sur les routes sablonneuses jusqu’a Cap Peron, la pointe de la péninsule. Nous y avons pris notre diner compose de tartines au cheddar et aux mouches (Cris en a encore une entre les dents, miam) et avons aperçu plusieurs belles raies et requins de notre perchoir-point de vue. Sur la route du retour, on en a profite pour snorkeler en espérant voir quelques dugongs, sorte de vache aquatique qui mâche pendant 20 heures/jour les herbes marines et qui aurait été a l’origine de la légende des sirènes… les marins sont parfois trop esseules ! Mais finalement, on n’en a pas vu…. Peut-être plus au nord?

P1100549
A la recherche des dugongs, dauphins, raies ou requins…
P1100631
Route sablonneuse vers le cap Peron
P1100564
Cris en a plein les dents! Beeek !

Last comments

Last Photo Comments